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12 ottobre 2011

Histoire de l’immigration: savoir d’où l’on vient pour choisir où l’on va

Par Julie Chaudier – Article publié le 08.10.2011

L’histoire de l’immigration est problématique quel que soit le pays dans lequel elle est enseignée. En dépit de la mondialisation, les Etats n’ont pas disparus et de l’histoire enseignée à l’école est encore l’histoire d’un pays voire d’une nation. Quelle place donner, alors, à l’histoire de l’immigration qui relève, par essence, de plusieurs pays ? En France, la réponse est ambigüe et les enfants de Marocains émigrés, de Français immigrés, apprennent essentiellement cette histoire – leur histoire – par eux-mêmes : l’école et leur famille faillent souvent à leur devoir.

Les premières réunions de configuration du projet du musée de l’Histoire de France seraient en cours, en ce début d’année scolaire 2011-2012, selon un enseignant-chercheur ayant souhaité rester anonyme. Le projet a été lancé, le 13 janvier 2009, par Nicolas Sarkozy. Le même président de la République française qui avait refusé, le 10 octobre 2007, de participer à l’inauguration de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration (CNHI).

« Le Figaro Magazine a publié un article [le 27 août] intitulé Collège : l’histoire de France assassinée, c’est un peu désolant », soupire Suzanne Citron, historienne et membre du groupe Aggiornamento. Dans cet article, le journaliste regrette la disparition, cette année, de Clovis des programmes

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du collège. « Raison invoquée par l’Education nationale : il faut consacrer du temps, entre la sixième et la cinquième, à l’enseignement des civilisations extra-européennes », un choix inconcevable pour le journaliste et pour Dimitri Casali auteur de « Altermanuel d’histoire de France » (Perrin, août 2011).

Immigration : histoire française ou étrangère ?

« Depuis 2008, nous connaissons une régression ethno-centrée de la vision de l’histoire avec le sarkozysme », estime Suzanne Citron. Pourtant, depuis 1988 et la publication de l’ouvrage de Gérard Noiriel, pionnier de l’histoire de l’immigration, « Le creuset français », la recherche en histoire a commencé à se pencher sur l’immigration et poussé à intégrer cette dimension aux programmes scolaires.

Les historiens ont remis en cause « le roman national » conçu pour unifier tous les citoyens autour d’une histoire commune de la nation. Ce nouveau positionnement a été appuyé par des pressions venues de la société française où différents groupes ont milité pour que la reconnaissance de leur histoire spécifique. Votée, le 10 mai 2001, la loi Taubira exigeait que l’histoire de l’esclavage s’insère dans les programmes scolaires.

L’immigration intègre les manuels scolaires

En 2006, cette position historiographique a eu gain de cause avec l’une des toutes premières introductions de l’histoire de l’immigration dans le programme en 1ère STG. Depuis, les programmes se sont étoffés. En 2007, la CNHI a aussi ouvert ses portes. « Par des stages dans les IUFM, des journées académiques, une documentation riche, nous essayons de donner aux professeurs un maximum de moyens pour enseigner l’histoire de l’immigration. Nous pouvons aussi les accompagner dans certains projets pédagogiques », explique Peggy Derder, Responsable du département Education à la CNHI.

Un travail de fond qui ne s’avance pas sur la scène publique. « Les enseignants que nous rencontrons viennent avec leurs propres interrogations, ils se demandent, notamment, pourquoi la Cité de l’immigration n’intervient pas dans les débats sur l’identité nationale », note Christiane Audran-Delhez, professeur-relais pour l’Académie de Versailles auprès de la CNHI. Selon elle, la Cité est encore jeune et son silence relève d’une certaine timidité.

Les tentatives pour contester ces changements historiographiques ont provoqué des réactions parmi les historiens. Le groupe Aggiornamento et le Comité de vigilance pour les usages publics de l’histoire regroupent des historiens et professeurs qui militent pour une vision de l’enseignement de l’histoire moins ethno-centrée, moins nationaliste et qui ne porterait aucun jugement moral.

Pourquoi l’immigration postcoloniale n’a-t-elle jamais intégré le « roman national »

Le « roman national » de l’histoire de France n’a jamais pu intégrer l’histoire de l’immigration postcoloniale à cause de la décolonisation. « A partir de là, les anciens pays colonisés et leurs habitants n’appartenaient plus à la France, ils n’appartenaient donc plus à l’histoire de France », explique Benoît Falaize, historien de l’immigration et auteur du rapport Enseigner l’histoire de l’immigration, en 2007. « La France est un grand pays d’immigration, mais sa tradition d’intégration par assimilation n’a jamais produit une histoire de la migration », souligne Daniel Lepoutre, co-auteur de « Souvenirs de familles immigrées » (Odile Jacob, 2005).

Source : Yabiladi Mag n°10

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