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12 ottobre 2011

Yamina Benguigui: mémoires d’immigrés

La réalisatrice Yamina Benguigui est née en 1957 à Lille et a passé son enfance dans le nord de la France, où ses parents, Kabyles d’origine algérienne, avaient émigré dans les années 1950. « Pourquoi étaient-ils partis ? On ne l’a jamais su, dit-elle aujourd’hui. C’était un sujet tabou : ils n’en parlaient jamais. »

Cinéaste engagée, Yamina Benguigui explore depuis plus de quinze ans “la part humaine de l’immigration”. En 1994, elle réalise Femmes d’Islam, une trilogie sur les femmes musulmanes de plusieurs pays du monde. En interrogeant des Maghrébines qui vivent à Marseille, elle découvre que ces « mères » ne connaissent rien de ce que leurs maris ont vécu à leur arrivée en France. Et qu’elles n’ont elles-mêmes jamais rien raconté à leurs enfants. « C’était mon histoire », dit la cinéaste. Elle décide donc de remonter le temps et de partir à la recherche d’une histoire occultée : celle de l’immigration et de l’intégration maghrébines.

En 1997, Yamina Benguigui sort donc Mémoires d’immigrés, l’héritage maghrébin, documentaire qui “restitue la mémoire de l’immigration maghrébine“. Son film se compose de trois parties : les pères, les mères, les enfants. « Une structure qui respecte nos codes culturels, dit-elle. Les hommes n’ont jamais raconté à leurs femmes ni à leurs enfants les souffrances qu’ils ont vécues. » En réunissant trois séries de témoignages qui pourtant ne se recoupent jamais, la réalisatrice fait œuvre de réconciliation.

Membre du Haut Conseil à l’Intégration depuis 2004, Yamina Benguigui œuvre activement contre la discrimination à l’emploi, notamment au sein de sa société de production Elemiah.

Mémoires d’immigrés, l’héritage maghrébin (1997)

Mémoires d’immigrés, l’héritage maghrébin donne pour la première fois la parole à ceux qui sont venus reconstruire la France quand le pays manquait de main d’œuvre.

Ce documentaire est le résultat d’une enquête de trois ans et d’un tournage de six mois. Le montage, qui a duré neuf mois, alterne images d’archives (empruntées au CNDP, à Pathé, à l’INA) et images personnelles et contemporaines. C’est cet aller-retour constant entre passé et présent qui permet au spectateur de retracer l’itinéraire oublié des acteurs de l’immigration.

Au fil de trois reportages, nous rencontrons ceux qui ont quitté leur pays pour finalement ne jamais revenir : Les Pères, premiers arrivés, Les Mères, qui les ont rejoints à la faveur du regroupement familial, et Les Enfants, partagés entre deux cultures, qui connaissent mal le passé de leurs parents.

En laissant s’exprimer la douleur longtemps indicible de ces hommes et de ces femmes, Yamina Benguigui, elle-même enfant de l’immigration, a su rendre à cette page de notre histoire sa dimension humaine. Mémoires d’immigrés, l’héritage maghrébin, loin du travail des historiens et des sociologues, est un témoignage d’une force exceptionnelle.

Contenu des trois parties du film documentaire :

Les Pères

Ils sont arrivés dans les années cinquante, sans famille, sans épouse. Regroupés par communautés villageoises, ils travaillent sans relâche en chantier, en usine. Faute de structures d’accueil, ils ont vécu dans des baraquements. Ce sont des hommes seuls, dociles, mobiles et rentables.

Les Mères

Venues souvent à la faveur du regroupement familial, elles ont plié leur voile, appris (quoiqu’analphabètes) à se déplacer en repérant les panneaux d’indication selon leurs couleurs. Elles sont devenues des individus à part entière. Rien ne les avait préparées à cette nouvelle vie, à la découverte de l’émancipation, et personne ne songeait à les rassurer.

Les Enfants

Nés en France ou venus en bas âge dans le cadre du regroupement familial, les enfants d’immigrés maghrébins vont subir de plein fouet, tout comme leurs parents, les contradictions de la politique qui leur est appliquée.

Pour voir 50 minutes du documentaire: Mémoires d’immigrés

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